Tous à vos fourneaux

A la mémoire de ma mère « Zouzou »

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19 septembre, 2018

SOUCCOT 2018

Classé dans : Souccot — fanfan18unblogfr @ 9:30

 

SOUCCOT :

 Dimanche 23 Septembre 2018 au Lundi 1 Octobre 2018 au soir pour ISRAËL

Dimanche 23 Septembre 2018 au Mardi 2 Octobre 2018 au soir pour la FRANCE 

 

 

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Durant sept jours, vous résiderez dans des cabanes…. afin que vos générations sachent que j’ai hébergé les enfants d’Israël dans des cabanes en les délivrant d’Egypte”(Lévitique chap. 23 versets 42, 43)

Dès la sortie de Kippour, nous nous empressons de commencer la construction de la Soucca, car nous venons d’être purifiés de nos fautes. Tout naturellement, nous enchaînons sur une nouvelle mitsva. 

La fête de Souccot est la preuve de notre croyance en D… Pour l’accomplir, nous quittons le confort douillet de notre maison pour habiter un abri provisoire, soumis au vent et à la pluie. 

Cependant, nous devons nous réjouir de pouvoir célébrer Souccot alors que nous renonçons à notre intérieur, car : 

* d’une part, nous rappelons ainsi le miracle permanent vécu par nos ancêtres dans le désert, lorsque D… protégeait et guidait les enfants d’Israël, à l’aide de colonnes de nuées et de feu. 

* d’autre part, nous nous en remettons totalement à D… et nous lui manifestons toute notre confiance. 

Les deux premiers jours sont des “Yamim Tovim”, du pluriel de « Yom Tov » qui désignent les jours de fêtes juives. 

5 jours de Hol Hamoed (demi-fête) suivent, durant lesquels nous veillerons à respecter l’esprit de la fête en évitant notamment toute tâche inutile. 

Lors des sept premiers jours, deux mitsvot sont scrupuleusement pratiquées : 

laSoucca 

lesArbaat Haminim 

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 LA SOUCCA

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La Soucca a un caractère sacré. S’il est recommandé de s’y comporter comme dans sa maison, on veillera malgré tout à respecter cet endroit, à l’exemple de l’attitude que nous devons avoir dans une synagogue. 

Nos Sages nous enseignent que sept invités prestigieux se succèdent dans la Soucca durant les 7 jours de fête. Ce sont :  

Avraham – Yits’hak – Yaakov – Moché – Aharon – Yossef – David 

Nous vivons 7 jours durant, dans la Soucca, que nous aurons pris soin de construire selon les lois transmises par nos Sages. 

Elle peut être édifiée à tout endroit, l’essentiel étant de la bâtir à ciel ouvert.
C’est pourquoi, il n’est pas possible de construire la soucca sur son balcon, s ’il est couvert par celui du voisin.
 

Les règles de la construction de la soucca sont très nombreuses. 

On retiendra que la soucca doit comporter 3 parois au minimum, ayant entre 1 mètre et 9,60 mètres de haut. La longueur et la largeur doivent être au minimum de 70 cm. 

Le skhakh doit être disposé, afin de ressembler à un toit.                                                     Toutefois, le skhakh laissera apparaître des espaces à travers lesquels on pourra percevoir les étoiles. 


Enfin on décorera la soucca afin que l’on ait beaucoup de plaisir à y résider. C’est dans cet esprit que les Souccot sont : 

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       ornées de fruits                                       ou de décorations diverses 

Tous les matériaux peuvent être utilisés pour les parois, à condition qu’elles puissent résister au vent. Le toit de la soucca est fait à partir d’un matériau végétal, détaché de l’arbre ou de la terre :  

c’est le skhakh21.jpg(skhakh)

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On utilise souvent des branches de palmier ou tout autre feuillage, ou encore des lattes de bois n’ayant jamais servi, d’une largeur inférieure à 32 cm. 

 

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Les jours de Yom Tov, les repas débutent par le Kiddouch à la fin duquel nous récitons la bénédiction “Baroukh…lichève Bassouka” (de s’asseoir dans la Soucca).  

Cette brakha est suivie le premier soir de celle de “Chééhéyanou”, alors que le deuxième soir ces deux bénédictions sont récitées dans le sens contraire.
Les jours de Hol Hamoed, “lychève Bassouka” est récité pour tout repas, au cours duquel on consomme du pain. 

On a l’obligation de manger les deux premiers soirs de fête, dans la Soucca ou tout au

moins, de consommer au minimum un cazayite (28g) de challah2pm1.jpg

 

Durant 7 jours, nous avons le devoir d’habiter dans la soucca.
Cependant , il sera permis en cas d’intempéries ou de froid, de dormir chez soi.
 

Dans la pratique, nous prenons tous nos repas sous la soucca, afin de montrer l’importance accordée à cette mitsva. 

Il n’est pas nécessaire de prendre son repas sous la Soucca, en cas de pluie. On se contentera les jours de Yom Tov, lorsqu’il pleut , de faire le kidouch et de manger un cazayite de pain. Au cours d’un repas, lorsqu’il se met à pleuvoir, il est permis de le terminer en dehors de la Soucca.

Selon le rite Achkenaze on récite “Lychève Bassouka”, avant de manger un baba1.jpg

Toute personne n’ayant pas de soucca à sa disposition, pourra prendre ses repas chez lui, en évitant toutefois de manger du pain et des gâteaux, ou tout aliment à base des 5 céréales :  

Blé  

Orge 

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Seigle  

 Avoine 

Epeautre 

  

 

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ARBAAT HAMINIM
Les 4 espèces
 

Durant la fête de Souccot, nous accomplissons la mitsva des Arbaat Haminim (Les 4 espèces). C’est un bouquet composé de 4 espèces végétales : 

  

LE LOULAV

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C’est une branche de palmier de 40 cm au minimum, et dont la tige centrale doit être droite et non fendue.

Il ne doit pas être desséché et doit présenter une pointe intacte, ainsi que des feuilles bien serrées les unes aux autres.

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L’ETROG

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C’est un fruit ayant l’apparence d’un gros citron, appelé cédrat. Sa surface est rugueuse (et non lisse comme un citron).
Il est ovale et se prolonge vers le haut :

par une pointe appelée pitmaheb1.jpg (Pitma)

et vers le bas par une queue appelée oketsheb1.jpg (Okets)

Certaines espèces d’Etrog n’ont pas de Pitma, elles peuvent être quand même utilisées pour la mitsva du Loulav.
Par contre, un Etrog comportant d’ordinaire une Pitma, qui serait brisée, ne peut plus être utilisé. De même, un étrog dont le okets serait tombé du fruit, rendrait celui-ci non cacher pour la mitsva.
L’Etrog ne doit présenter aucune tache sur sa surface, aucun trou et aucune écorchure, tout particulièrement dans sa partie supérieure.

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LES HADASSIM

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Ce sont 3 branches de myrte d’une longueur minimum de 30 cm. Elles doivent être fraîches et entièrement recouvertes de feuilles vertes, disposées par groupe de 3.

L’on veillera au bon état de la pointe de chacune des 3 branches.

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LES ARAVOT

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Ce sont 2 branches de saule d’une longueur minimum de 30cm, ayant des feuilles étroites et allongées, dentelées à leur extrémité.
On veillera à utiliser des Aravot fraîches comportant la majorité de leurs feuilles.

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Le bouquet appelé aussi loulav doit être assemblé, de la manière suivante :

* 3 Hadassim placés à droite de la branche de palmier,

 

* 2 Aravot à sa gauche.

 

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Il est fortement recommandé de posséder son propre Loulav. Néanmoins, on peut accomplir cette mitsva avec un loulav emprunté, à condition que son propriétaire ait bien eu l’intention de l’offrir, tout au moins le temps de réciter la bénédiction. Dès le premier jour de Souccot, on s’empressera d’accomplir la mitsva du loulav dès le lever du soleil.
Pour cela, on saisit le Loulav de la main droite et l’on récite la bénédiction suivante : 
 

 

 

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Le premier jour (ou éventuellement lorsqu’on récite cette brakha pour la première fois, durant la fête), cette bénédiction est suivie de celle de “Chéhé’yanou” .L’on saisit ensuite l’Etrog de la main gauche et on le joint au loulav afin de secouer les Arbaat Haminim ensemble.
Certains saisissent les Arbaat Haminim tout en récitant les bénédictions, mais veillent à tourner l’ Etrog à l’envers de manière à montrer là aussi, que la mitsva est faite après la bénédiction.
 
La mitsva du Loulav peut être faite toute la journée, mais pas la nuit. Par ailleurs, elle n’est pas pratiquée le jour du Chabbat.
Les femmes sont dispensées de cette mitsva.
 
Nous avons l’habitude de brandir les Arbaat Haminim (sauf Chabbat), durant le récit complet du Hallel (psaumes chantés à l’occasion des fêtes). C’est durant cette prière du Hallel que nous pratiquons les Ninouim, mouvements orientés dans les quatre directions. Chacun de ces mouvements se décompose de 3 mouvements (aller-retour) des bras, de l’extérieur vers l’intérieur. 

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Les Ninouim dans la plupart des communautés sont les suivants, en considérant que nous sommes placés à l’est, nous devons : 

* Tourner vers la droite, s’ immobiliser au SUD et faire un mouvement aller-retour 

* Faire un demi-tour complet sur la droite, s’ immobiliser au NORD et faire un mouvement aller-retour 

* Faire un quart de tour sur la droite, s’ immobiliser à l’EST, et faire un mouvement aller-retour à la hauteur du coeur. Un second aller-retour vers le haut, et un troisième aller-retour vers le bas. 

* Faire un demi-tour sur la droite, s’ immobiliser à l’OUEST 

 


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HOCHAANA RABA 

a lieu le 7ème jour de Souccot qui correspond au 21 tichri.
C’est le dernier jour pour la mitsva des ARBAAT HAMINIM.
C’est un jour de hol hamoed (demi-fête).
 

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Les Hochaanot se font après le HALLEL ou après LE MOUSSAF : on tourne 7 FOIS autour de la Téva. Durant les autres jours de SOUCCOT, on tourne une fois autour de la Téva.

Le chiffre 7 est lié à HOCHAANA RABA , qui a lieu le 7ème jour de souccot. 

Notre jugement commencé à Roch Hachana est scellé à Hochaana Raba, car ce jour-là tous les êtres vivants défilent devant le Créateur, afin d’être jugés sur leurs mérites.
A Hochaana Raba, c’est la signature finale !
 

Aussi, nous veillons toute la nuit qui précède, pour demander à D…. de nous pardonner. 

Hochaana Raba est comparé à Yom Kippour, car nous mortifions notre corps en restant éveillés toute la nuit. C’est un jour de Kappara (expiation des fautes). 

Ce jour, bien qu’il ne soit pas férié, a acquis une dimension
supplémentaire par le mérite des enfants d’ Israël
 

NETILAT HAARAVA

Les derniers prophètes (HAGAÏ, ZEKHARIA, MALA’HI) ont institué la coutume d’agiter 5 branches de saule durant les HOCHAANOT, et d’en frapper le sol à la fin de la Téfila du matin. 

On agite la ARAVA (branche de saule), qui porte le nom de HOCHAANA.
Les téphilot de ce jour portent le nom de“hochaana”. 
 

On multiplie envers D…, les HOCHAANOT (Hachem, sauve-nous !) . 

Le mot HOCHAANA peut se décomposer en : 

hochaheb.jpget naheb1.jpg= 51 

car HOCHAANA RABA est le 51ème jour des SELIHOT qui ont débuté à ROCH HODECH ELOUL. 

 


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CHEMINI ATSERET 

a lieu le 22 TICHRI.
En Israël, elle dure un jour c’est un YOM TOV. En dehors d’Israël, elle dure deux jours.
C’est une fête à part entière comparable aux 3 autres fêtes de pèlerinage Pessah, Chavouot et Souccot.
C’est pour cette raison que l’on récite aussi le Chééhéyanou.
 

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“Le 8ème jour, sera pour vous une fête de clôture, vous ne ferez aucun travail”
( Bamidbar, Chapitre 29, Verset 35)
 


CHEMINI ATSERET clôture la fête de SOUCCOT. 
Elle représente selon nos commentateurs un moment particulièrement important comme un père qui voit à la fin d’une longue période de réjouissance, ses enfants quitter la maison, il leur demande de rester un jour supplémentaire, d’où l’origine de Chemini Atseret. Chemini Atseret est une occasion accordée au peuple d’ISRAËL, sous la forme d’un jour de fête en plus, afin d’obtenir pour lui-même des bénédictions (pour l’avoir fait pendant toute la durée de Souccot, en faveur des 70 nations de la terre). Les mitsvot liées à la fête de Souccot s’arrêtent.
La mitsva du Loulav est terminée, cependant on mange encore dans la Soucca, sans réciter la bénédiction de lychève bassouka.
 
“A Souccot, le monde est jugé sur la pluie”. Le premier jour de Chemini Atséret, on adresse à D… des prières pour lui demander la pluie, dont le monde a besoin, on dira dans la Amida :   

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à la place de

 

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En Israël dans les prières de la semaine, on ajoute BAREKH ALENOU à partir du 7 Hechvan et en dehors d’Israël, le 4,5 décembre ou le 5, 6 décembre pour les années embolismiques.
La pluie peut être une source de bénédictions, mais aussi une cause de souffrances.
On attend CHEMINI ATSERET (8ème jour de la fête) pour demander la pluie, contrairement à Pessah où dès le 1er jour, l’on demande que tombe la rosée .
 

Ce jour a acquis aussi une dimension particulière au sein du peuple juif, car ce jour-là, le Roi Salomon inaugura le 1er Temple.
Les Sages ont donné un nom supplémentaire à ce jour : Yom ouchpizin du Roi Salomon.
 

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3 mai, 2018

FETE DE CHAVOUOT OU DES SEMAINES 2018

Classé dans : Chavouoth — fanfan18unblogfr @ 19:18

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DU CHABBAT ON RENTRE DANS LA FÊTE DE CHAVOUOTH A VOS FOURNEAUX !!!

ISRAËL : du Samedi 19 Mai au soir au Dimanche 20 Mai 2018 à la tombée de la nuit.

DIASPORA : du Samedi 19 Mai au soir au Lundi 21 Mai 2018 à la tombée de la nuit.

 

Célébration du don de la Torah sur le Mont Sinaï

Lors de la fête de Chavouot, la tradition familiale a retenu la préparation et consommation de mets lactés, « Halavi ». Moïse descendit du Mont Sinaï et enseigna les commandements au peuple. En attendant de pouvoir se conformer aux règles de « Cacherout » qui prônent la séparation des mets lactés de ceux carnés, les Hébreux se contentèrent du lacté. Les maisonnées juives depuis lors, se délectent de gâteaux au fromage blanc pour les Ashkénazes, et de couscous au beurre pour les Séfarades d’Algérie…

Chavouot vient du pluriel de Cheva (le chiffre 7) et de Chabbat (le septième jour), ce que l’on traduit par « Les semaines ».

Située dans le calendrier au 6 et 7 du mois de Sivan.

Du décompte des sept semaines qui séparent le premier soir de Pessah (Pâque juive) de la fête de Chavouot (Ex 34,22 ; Lv 23,15 s. ; Dt 16,9-10). Un espace temps désigné par       l’Omer .

En d’autres termes, il s’agit de la fête de Pentecôte qui signifie en grec cinquantième, soit qu’elle se situe cinquante jours après Pessah.

Chavouot porte aussi les noms de « Fête des moissons » (Ex 23,16), « Fête des prémices » (Nb 28,26) qui rappelle la montée des fidèles vers le Temple de Jérusalem pour y déposer leurs offrandes. C’était et c’est encore, l’occasion de pélérinages qui concluent la fête de Pessah.

Chavouot est le palier intermédiaire, entre la conclusion de la sortie d’Egypte, et le début de l’histoire du peuple investi du don de la Torah. Un début non daté, non fixé par la Torah. Seule la tradition rabbinique situe le don de la Torah au sixième jour du mois de Sivan (Ex 19,1-16).

Lectures de la fête : Le Livre de Ruth, les Poèmes liturgiques Aqdamout millin, et Yetsiv Pitgam, le Hallel, et Yizkor (le 2ème jour),

1er jour : Ex 19,1 – 20,23, Nb 28,26-31 – Ez 1,1-28 ; 3,12 (Haftarah)

2ème jour : Dt 15,19 – 16,17 (14,22 – 16,17 si le second jour est un chabbat) – Nb 28, 26-31 (maftir) – Hab 2,20 – 3,19 (haftarah).

Les plats lactés :

Il est d’usage le matin de Chavouot de consommer un repas lacté, précédant le repas de viande usuel aux jours de fête.

DIVERSES EXPLICATIONS A CET USAGE :                                                                   

- Signe d’humilité et de pauvreté, ceci vient nous apprendre comment on doit s’approcher de l’étude de la Torah : délaisser sa grandeur (éventuelle !), accepter ce don de la Sagesse divine comme un bienfait et s’atteler à son étude et à sa pratique en ressentant la vitalité qu’il nous apporte.
Un jour, un Rav fut confronté à une question curieuse d’un de ses ouailles. L’homme était venu lui demander s’il serait quitte de l’obligation des quatre coupes de vin du Séder de Pessa’h en consommant quatre verres de lait. La réaction du Rav ne se fit pas attendre. Il ouvrit son tiroir et en tira une somme d’argent conséquente dont il fit le détail : tu achèteras du vin pour les quatre coupes, des Matsot, du poisson, de la viande, etc… L’homme n’avait rien d’autre à manger cette veille de Pessa’h. - Le Mont Sinaï où fut donné la Torah est appelé dans le Psaume 68 Mont Gavnounim, dans lequel on reconnaît le mot « guevina » (fromage).

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- Ces plats lactés seront consommés avec du pain, et l’on consomme ensuite de la viande, avec du pain également. On retrouve ici le souvenir des deux pains qui accompagnaient le sacrifice apporté ce jour là.
- C’est encore un souvenir de Moché. Selon la tradition c’est ce jour là que Moché à l’âge de trois mois fut déposé dans un panier de jonc sur le Nil puis récupéré par la fille de Pharaon. Elle voulut le faire allaiter par une nourrice égyptienne, mais le bébé dont la bouche était destinée à la parole de Dieu refusa de mettre en bouche le lait d’une nourrice idolâtre.
- Avec la Torah, les Juifs reçurent les lois concernant l’abattage rituel. Ils ne pouvaient plus utiliser leur vaisselle qui avaient servi à de la viande non abattue rituellement et ne pouvaient pas la cachériser le jour même de la fête car c’était Chabbath. C’est pourquoi ils se contentèrent ce jour là de lait.

LA LECTURE DU LIVRE DE RUTH :

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Vient nous évoquer son illustre descendant  David, né le jour de Chavouot et mort le jour de Chavouot, soixante dix ans plus tard.
De plus l’histoire de Ruth se déroule à l’époque des moissons, contemporaine de la fête.
Enfin l’acceptation de la Torah par les Juifs marquent leur entrée dans l’alliance avec Dieu et leur conversion. C’est le chemin suivi par Ruth, qui reste le modèle de la conversion. De même que les Juifs durent s’immerger dans un Mikvé, apporter un sacrifice et accepter les lois de la Torah, et de la même façon un converti doit accepter la totalité des lois de la Torah, s’immerger au Mikvé. Il apportera son sacrifice très bientôt dans le Temple reconstruit, avec Machia’h.
 

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LES NOMS DE LA FETE DE CHAVOUOT :
Fête de la promulgation de la Torah : Zman Matan Torah
Le sixième jour du mois de Sivan (c’était un jour de Sabbat), en 2448 après la Création du Monde, Dieu nous donna la Torah sur le mont Sinaï. La fête de Chavouot, les 6 et 7 Sivan, commémore ce grand événement.
 

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Fête des Semaines : Hag Hachavouot
La fête est ainsi appelée parce qu’elle est célébrée à la fin des sept semaines de la période de l’Omer, qui commence la deuxième soirée de Pessa’h.
Mais Chavouot est aussi le pluriel de « chevoua », serment. Chavouot rappelle ici le serment de Dieu, de ne pas échanger Israël contre une autre Nation, et celui que chaque juif prononça, de s’attacher à Dieu et à Ses Commandements. Ces deux serments se renouvellent chaque année pendant la fête de Chavouot.

Fête de la moisson : Hag hakatsir
Dans le pays d’Israël, c’était la saison de la moisson, et notamment de la moisson du froment. La première offrande de cette récolte nouvelle était faite sous forme de deux pains de froment.
Fête des Prémices : Hag habikourim
La fête des Semaines marquait le commencement de la saison lors de laquelle on offrait des prémices à Dieu, lorsque le Saint Temple existait à Jérusalem.
La fête doit encore ce nom au fait que les « deux pains » offerts avec les sacrifices animaux ce jour là étaient également appelés les prémices de la moisson de blé.Chavouot est également le jour de la mort de Rabbi Israël Baal Chem Tov.

1 mars, 2018

L’HISTOIRE DE PESSAH

Classé dans : Pessah — fanfan18unblogfr @ 10:12

 

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Pessa’h, avec ses rites immuables, agrémentés suivant les pays de coutumes diverses est une des fêtes juives les plus anciennes. Elle débute le 14 nissan et dure sept jours en Israël et huit en diaspora. Les deux premiers jours et les deux derniers jours, en diaspora, sont des jours de fête, où tout travail est interdit. Les jours intermédiaires sont des demi-fêtes.

Pessa’h fait partie, au même titre que Chavouot et Soukkot, des fête de pèlerinage. On se rendait au Temple à Jérusalem. Cette fête, comme les deux autres, est évoquée dans la Torah. D’autres noms évoquent la pluralité de la fête. ‘Hag -ha-matsot (la fête des matsot), ‘Hag-ha-Pessa’h (la fête de Pessa’h), Zeman ‘héroténou (l’époque de notre liberté) ou encore ‘Hag ha-aviv (la fête du printemps). Ces notions qui relient la matière (la terre), le peuple et Dieu, donnent toute la richesse à cette fête essentielle, célébrée dans tous les foyers juifs.

L’histoire : Le cœur de Pharaon s’était endurci malgré les neuf plaies qui avaient déjà frappé son pays. Finalement, Dieu ordonna à Moïse de faire sacrifier, le 14 nissan, un agneau pour chaque famille juive et de marquer du sang les linteaux de chaque maison. Alors Dieu frappa une dernière fois les Égyptiens, mais en épargnant les hébreux, en « passant par-dessus » (Pessa’h) leurs demeures.L’exode qui en suivit marque le début de la relation entre Dieu et les Juifs, en tant que peuple, alors qu’il n’avait jusqu’alors accordé son alliance qu’à des individus comme Abraham.

 

Un événement pédagogique : Le séder qui se déroule les deux premiers soirs en diaspora (une seule fois en Israël) est organisé de manière précise. On dispose sur un plateau des mets inhabituels. La famille étant rassemblée, on lit la hagada, « l’histoire », dont chaque passage nous invite à nous interroger, attirer notre curiosité, réfléchir sur notre vie d’homme et de Juif.

La fête de Pessa’h a pour signification la conquête de la liberté. Sous le couvert d’un rituel commémoratif, il célèbre un acte émancipatoire dans lequel la spiritualité a un sens capital.

Autour de la table, les Juifs continuent, chaque année depuis des siècles, de célébrer l’événement qui permit aux Hébreux de se donner une identité propre : celle du peuple juif. Pour vivre pleinement cet moment historique, on se réunit en famille ou avec ses invités (car il s’agit d’un acte collectif). On lit la hagada au cours d’un séder (ordre) qui rappelle le dur labeur des Hébreux en Egypte. La liberté recouvrée après tant d’années d’esclavage est pour nous contemporains, un exemple convaincant pour nous libérer, nous aussi, en nous détachant de nos mauvais penchants et transformer nos faiblesses en courage. En consommant de la matsa et des herbes amères, on ne se contente pas d’évoquer la manière dont les Hébreux ont fui à la hâte la terre égyptienne, on participe pleinement, en tant qu’acteur, à l’histoire de son peuple.

 

Le séder est un moyen pour provoquer des questions dont celles de nos enfants. L’aspect insolite des ingrédients disposés sur le plateau éveille la curiosité. La lecture de la hagada nous met en situation d’écoute propice à tout enseignement.

 

Les coutumes : Loin d’être figée, la fête de Pessa’h est enrichie d’un patrimoine séculaire, où chaque coutume a sa place. C’est souvent, pour les familles dont les individus sont originaires de tous les horizons, de confronter des habitudes cérémoniales qui enrichissent et diversifient la fête.

Pourquoi Pessah : La fête de Pessa’h vient célébrer la libération de l’esclavage égyptien et l’accession à l’identité du peuple hébreu. La trame historique qui sous-tend la fête révèle comment s’est effectué le passage de l’état d’individus aliénés par une culture étrangère à l’état de peuple particularisé par une identité propre. Tout commence avec la migration des enfants de Jacob en Egypte, pour échapper à la famine qui sévit au pays de Canaan. Les descendants de Jacob se multiplient en Egypte sans avoir jamais eu l’expérience de la vie d’un peuple libre. Peu à peu, le Pharaon durcit leurs conditions de vie, craignant qu’ils ne deviennent trop nombreux et qu’ils n’en viennent à prendre le pouvoir. L’asservissement est progressif et de plus en plus pénible. Ils sont réduits à la condition de sous-hommes. Moïse, miraculeusement sauvé des eaux du Nil, où tout garçon nouveau-né devait être noyé sur ordre du Pharaon, grandit au palais du Pharaon mais s’associe au sort de ses frères. Obligé de fuir au pays de Midian, il se voit, par la suite, investi d’une mission divine : retourner en Egypte pour en faire sortir les Hébreux.

Il doit avant tout servir d’intermédiaire pour convaincre Pharaon de les laisser partir. Devant son refus, Dieu envoie des plaies sur l’Egypte. Au moment de chaque plaie, Pharaon se déclare prêt à laisser les Hébreux partir si Moïse fait arrêter le fléau. Mais il se rétracte dès que la vie reprend son cours normal. C’est au cours de la dixième plaie, au moment où tous les Égyptiens pleurent la mort de leurs premiers-nés, que les Israélites procèdent au sacrifice de l’agneau pascal. Au moment du départ, ils n’ont, dans leur précipitation, pas le temps de cuire leur pain qui restera plat. Arrivés sur les bords de la Mer Rouge, ils sont sur point d’être rejoints par l’armée égyptienne lorsque la mer s’ouvre pour les laisser passer, puis se referme sur les Égyptiens.
Le peuple d’Israël vient de naître, aux portes du désert.De l’épreuve a surgi un peuple, qui apprendra à s’assumer en tant que tel dans un « no man’s land » avant de pouvoir s’affirmer sur sa propre terre. Autrement dit, l’épreuve devait apporter une expérience et une maturité qui permettraient l’accession à l’identité d’Israël en tant que peuple. Mais pour participer à cette expérience unique, il fallait qu’il ait préservé sa spécificité au cours de l’exil égyptien, grâce à des limites qui les séparaient du peuple dominant. Ces particularismes les ont sauvés de l’assimilation.

Devenir un juif libre : Pessa’h vient célébrer la fin de l’esclavage subi par le peuple hébreu pendant 210 ans dans l’Egypte des Pharaons. Le terme même de Pessa’h indique le point de déclenchement qui a fait basculer le peuple hébreu de l’état d’esclaves à l’état d’hommes libres. Il rappelle l’agneau qui devait être immolé par chaque famille à la veille de la sortie d’Egypte, et il signifie d’autre part « a enjambé, est passé par-dessus ». Il s’agit, dans le deuxième cas, de la mort qui a épargné les familles qui avaient marqué le linteau de leur maison du sang de l’agneau, ou, d’une manière plus imagée de Dieu, qui « est passé par-dessus » les maisons marquées du signe, en les épargnant.
En d’autres termes, il semblerait que l’acte du sacrifice pascal ait été nécessaire pour pouvoir être libéré du joug égyptien. En quoi revêt-il une telle importance ? Replaçons-nous dans l’atmosphère de l’époque : l’agneau était un animal sacré pour les Égyptiens, oppresseurs du peuple hébreu. Immoler le Dieu de ses oppresseurs, en marquer sa porte extérieure de son sang, était, à l’époque, une preuve de courage extraordinaire et une manière d’exprimer sa foi. Cet acte était nécessaire pour se montrer prêt à être libéré: Il venait affirmer la volonté de se défaire de la culture dans laquelle le peuple hébreu avaient baigné pendant plus de deux siècles, la volonté de fouler aux pieds tous les dieux étrangers, et surtout la volonté de placer sa confiance dans le Dieu Unique. En réponse, Dieu épargna de la mort les familles qui manifestèrent ainsi leur foi, en « passant par-dessus leurs maisons ». Il faut mériter d’être libéré et le manifester par un acte afin de prendre conscience de la portée de l’événement. Car être libre, ce n’est pas se laisser aller au gré des événements, c’est prendre son sort et son avenir en mains et le diriger en toute conscience. Ce qui était impossible sous l’oppression égyptienne devient possible au lendemain d’un acte de rébellion significatif d’un état d’esprit indépendant et d’une pensée propre. Pour des personnes réduites à la condition de sous-hommes, cela demandait un courage, une force morale et une foi particulière en Dieu. Seuls ceux qui montrèrent ces traits de caractère furent dignes d’être sauvés et de participer à la formation d’un peuple aux lois morales, le peuple d’Israël. Dans le même ordre d’idées, « se libérer » au niveau individuel, ce n’est pas simplement rejeter toute chaîne et toute loi pour agir selon les besoins du moment. Car, alors, on risque d’en venir à n’être dirigé que par ses instincts et ses désirs. Au contraire, la libération telle qu’elle nous apparaît à travers la fête de Pessa’h implique la suprématie de la raison et de l’esprit sur nos autres penchants. Car l’esprit est le propre de l’homme par rapport à l’animal. Pour un Juif, se libérer, c’est se défaire de toutes les fausses valeurs qui risquent de le déshumaniser pour choisir librement une voie morale et spirituelle qui rehaussera le niveau de l’humanité.

Compte à rebours :

J –30 : L’étude

D’après le Talmud (Pessa’him 6a), c’est trente jours avant Pessa’h qu’il faut commencer à ré-étudier les lois de Pessa’h. D’abord parce qu’elles sont complexes, ensuite parce que pour être prêts pour Pessa’h, il faut commencer à s’en préoccuper 30 jours auparavant, afin de programmer le nettoyage de la maison et ses achats pour la fête.

J –14 : Roch ‘Hodech Nissan

Dès le premier jour de Nissan, on entre dans l’esprit de la fête de Pessa’h, c’est pour cela que l’on arrête de dire les ta’hanounim (les supplications) dans les prières quotidiennes.Comme la fête de Pessa’h se situe au printemps, c’est également pendant cette période que l’on récite la birkat ha ilanot, la bénédiction sur les arbres fruitiers en fleurs (au moins deux arbres doivent être visibles de notre lieu de bénédiction).

J –5 : Shabbat Hagadol

Le shabbat précédent Pessa’h est appelé « shabbat hagadol » ou grand shabbat, car les rabbins ont l’habitude de prolonger leurs discours pour sensibiliser les fidèles à l’importance de la fête de Pessa’h et de faire les dernières recommandations.

J –2 : La recherche du ‘hamets

C’est après la tombée de la nuit que se fait la recherche du ‘hamets à la lueur d’une bougie. C’est l’occasion d’un jeu, avec les enfants, pour retrouver le plus rapidement possible, les morceaux de pains (souvent 12).que le chef de famille aura caché par avance. « Sept jours durant vous mangerez des pains azymes ; surtout, le jour précédent, vous ferez disparaître le levain de vos maisons ». (Exode XII,15) Est considéré comme ‘hamets, la fermentation des 5 céréales suivantes : froment, orge, seigle, avoine, épeautre. Par extension toute pâte pétrie à partir de l’une de ces céréales et que l’on a laissé fermenter ou tout autre aliment contenant l’une ou l’autre de ces céréales sans vérification de non-fermentation et ceci, quelle qu’en soit la quantité.On considère qu’à partir de 18 mn, un mélange de farine et d’eau commence à fermenter, c’est pourquoi la pâte de la matsa, lors de sa fabrication, doit être mise au four avant que se soient écoulées ces 18 minutes, car la cuisson interrompt la fermentation. Avant la recherche du ‘hamets on prononcera la bénédiction suivante : « Bénis sois tu Seigneur notre Dieu, roi du monde qui nous as sanctifiés par tes commandements et nous as ordonné de faire disparaître le ‘hamets ». Après cette vérification, on mettra de côté le ‘hamets trouvé pour le brûler le lendemain matin et on récitera la formule de l’annulation du ‘hamets : « Que soient annulés tout levain et toute pâte levée qui se trouvent en ma possession et que je n’ai ni vus, ni fait disparaître : qu’ils soient considérés comme la poussière de la terre. »

J –1 : Jeûne des premiers nés

En souvenir du miracle que Dieu fit en faveur de nos premiers nés qu’il épargna lors de la dixième plaie d’Egypte (la mort des premiers nés), nos sages ont institué un jeûne la veille de Pessa’h.
L’usage s’est répandu de dispenser les premiers nés de ce jeûne en les invitant à une séoudat mitsva à l’occasion de la conclusion d’une étude de Tora (Sioum) le matin de cette journée à l’issue de la prière.

Ceci car l’essentiel de cette journée doit être consacrée aux derniers préparatifs de Pessa’h :
• Cachérisation des ustensiles
• Arrêt de la consommation du ‘hamets
• Destruction du ‘hamets
• Préparation des repas de fête

J – Séder de Pessa’h

16 février, 2018

LA MEGUILA RACONTEE AUX ENFANTS

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L’histoire de la Méguila :

Ce fut au temps d’Assuérus…
Il y a de très nombreuses années, dans le lointain pays de Perse, régnait le méchant roi Assuérus. Il habitait un magnifique palais à Suse, la capitale.

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Il était très riche et très puissant. Il dominait sur de nombreux peuples, dans un immense royaume qui s’étendait de l’Inde à l’Ethiopie. Mais il haïssait les enfants d’Israël qui avaient été exilés dans son pays et qui souffrirent beaucoup sous son règne.

Sa femme, la reine Vachti, était tout aussi cruelle que lui. Elle faisait travailler très durement les jeunes juives, les humiliait et les forçait à profaner le Shabbat. Mais elle ne tarda pas à être punie, comme vous allez le voir.Un jour, trois ans après être monté sur le trône, Assuérus, voulut exposer à tous, sa gloire et ses fabuleuses richesses. Il organisa alors, pour les princes et les courtisans du royaume, un immense festin qui devait durer cent quatre-vingts jours ! Ces festivités terminées, il invita ensuite toute la population de Suse, du plus grand au plus petit, à participer à un somptueux banquet de sept jours dans les jardins du palais.Quelle magnificence ! Sur le sol dallé de marbre blanc et coloré, avaient été installés des lits d’or et d’argent, recouverts de belles tentures de brocart ! Chacun pouvait boire et manger à sa guise ! On y servait en abondance, dans de la vaisselle très précieuse, les mets les plus raffinés et les vins les plus vieux. Mais ce méchant roi, pour se vanter, utilisa aussi les ustensiles sacrés que ses prédécesseurs avaient volés au Bet Hamikdach. Quel sacrilège !

La reine Vachti, elle aussi, offrit un festin à toutes les femmes de la ville. Évidemment, la population de la capitale n’allait pas se priver de profiter de cette magnifique fête !

ÀSuse vivait un Juif, un Tsadik, appelé Mordekhaï. C’était un grand Sage, un des membres du Sanhédrin. Lorsqu’il eut connaissance de l’invitation du roi, il prit peur et avertit les Juifs : « Mes frères, n’y allez pas ! N’y participez pas ! Il nous est interdit de profiter du repas d’un racha ! »

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Mais les Juifs n’écoutèrent pas leur Maître. Craignant la réaction d’Assuérus, la plupart d’entre eux se rendirent au palais. Quelques-uns seulement obéirent à Mordekhaï.

À ce moment-là, à cause de leur péché, une terrible décision fut prise dans le Ciel !

Le septième jour du banquet (c’était un shabbat), le roi, qui avait bu beaucoup de vin, était d’humeur très gaie. Que fait-il ? Il ordonna à Vachti de se présenter devant les invités avec sa couronne sur sa tête, afin de montrer, à tous, sa beauté.

Or, au même moment, Vachti venait de recevoir sa punition : envoyé par Hachem, l’ange Gabriel lui avait fait pousser une corne ! Quelle honte ! Bien sûr, elle refusa de s’exhiber ainsi chez le roi !                                                           

Complètement ivre, Assuérus entra dans une violente colère. «Quel châtiment vais-je donner à cette femme rebelle demanda-t-il à ses conseillers. «Majesté !» Intervint le ministre Memouhan, «pour avoir désobéi à son illustre mari, la reine mérite la mort». Assuérus écouta son conseiller et fit immédiatement exécuter Vachti. Elle qui avait forcé les jeunes juives à transgresser le shabbat reçut son châtiment un jour de shabbat, comme elle l’avait mérité (mida kenéguèd mida) !

Peu de temps après, lorsque le roi se fut calmé et qu’il n’était plus grisé par le vin, il se souvint de Vachti et de ce qu ‘il lui avait fait.

«Malheur à moi !» Se lamenta-t-il. «Je n’ai plus de reine !» «Majesté !» Proposèrent ses serviteurs, «nous allons rassembler pour vous toutes les plus belles jeunes filles du royaume parmi lesquelles vous n’aurez qu’à vous choisir une nouvelle femme !»

Et il en fut ainsi.

ASuse vivait alors une bonne et pieuse jeune fille qui s’appelait Esther. Elle n’avait plus son père ni sa mère et Mordekhaï, son cousin, l’avait recueillie chez lui. Elle suivait toujours fidèlement à son enseignement. Lorsque les gardes du roi remarquèrent sa beauté, ils la ravirent immédiatement pour l’amener au palais. Quel malheur ! Esther ne voulait pas qu’on la prenne pour être choisie comme reine !

Juste avant son enlèvement, Mordekhaï avait eu le temps de lui chuchoter : «Esther, même dans le palais de ce méchant roi, n’oublie jamais les Mitsvot de la Torah ! Et surtout, ne révèle à personne tes origines, de quel peuple tu viens !» «Mordekhaï», avait-elle courageusement répondu, «je te promets de t’obéir fidèlement !».

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Au palais royal, une multitude de jeunes filles de toutes les nationalités avaient été rassemblées. Esther gagna immédiatement la bienveillance du garde des femmes, qui lui accordait tout ce qu’elle demandait. Mais son seul désir était de pouvoir continuer d’observer les Mitsvot. Grâce aux sept servantes qui avaient été mises à sa disposition et qui se relayaient tout au long de la semaine, elle réussit à tenir le compte des jours et à garder le shabbat. Elle se nourrit uniquement de graines et ne toucha jamais à un aliment non cachère.

Quant à Mordekhaï, il se rendait chaque jour devant la cour du palais pour prendre des nouvelles d’Esther.

Toutes les jeunes filles attendaient impatiemment leur tour pour être présentées au roi et chacune espérait être choisie comme reine. Elles se parfumaient, elles se paraient de bijoux pour paraître aussi belles que possible.

Mais Esther ne fit aucun effort de ce genre. Elle ne souhaitait aucunement devenir la femme de ce méchant roi ! Et pourtant, quand son tour arriva, c’est précisément elle qui trouva grâce aux yeux d’Assuérus. Il la couronna et elle devint ainsi reine de Perse à la place de Vachti. Pour l’occasion, le roi offrit un grand banquet. Malgré les insistances de son mari, Esther ne lui révéla toujours pas ses origines, respectant ainsi les instructions de Mordekhaï qui continuait, quant à lui, de venir régulièrement près du palais.

Un jour, deux gardes du roi – Bigthan et Thérech – qui étaient en colère contre Assuérus, complotèrent contre lui.

«Pif kaï tchouk, pouf tai moun», chuchotèrent-ils en tharcite, «voilà comment nous allons empoisonner le roi…». Ils pensaient que personne ne comprenait leur langue. Ils ignoraient que Mordekhaï, assis là, aux portes du palais, était un membre du Sanhédrin et qu’il connaissait donc toutes les langues.

Lorsque ce dernier entendit ce qu’ils projetaient de faire, il alla immédiatement en informer Esther.

Celle-ci s’empressa d’avertir le roi :

«Majesté ! Mordekhaï le Juif a entendu que vos gardes Bigthan et Térech veulent attenter à votre vie ! Il m’a chargée de vous prévenir afin de vous sauver !».

Très effrayé, Assuérus procéda aussitôt à des vérifications. En effet, on trouva que le repas qu’on allait justement lui servir était empoisonné !

Les deux conspirateurs furent pendus. Rempli de reconnaissance envers Mordekhaï, le roi fit inscrire son nom dans son Livre de Mémoires.                                                          

Quelque temps après, Assuérus fit monter en grade son conseiller Haman, fils d’Hamdata, qu’il nomma à la tête de tous les ministres. Sur l’ordre du roi, tout le monde devait se prosterner devant Haman. Le cœur de celui-ci s’emplissait d’orgueil au spectacle de tous ces hommes se courbant à son passage.

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«Qui est aussi important que moi ?» Pensait-il. «Qui est puissant comme moi ? Tous les sujets du royaume me sont soumis ! Je suis comme un dieu !»

Au comble de la vanité, Haman accrocha sur sa poitrine l’image d’une idole !

Tous, craignant l’ordre du roi, s’inclinaient devant Haman et son idole. Tous, sauf Mordekhaï ! Mordekhaï le Tsadik ne voulait à aucun prix se prosterner devant cet homme qui se prenait pour un dieu, et encore moins devant son idole ! Les serviteurs du roi lui demandèrent : «Pourquoi désobéis-tu au roi ? Ne crains-tu pas d’être sévèrement puni ?» Mordekhaï leur répondit : «Non, je n’ai pas peur ! Il est interdit aux Juifs de se prosterner devant une idole et jamais je ne le ferai !». Et malgré leurs insistances, Mordekhaï ne céda jamais. Haman en fut averti. Lorsqu’il constata que Mordekhaï, effectivement, ne se courbait jamais devant lui, il entra dans une vive colère et pensa : «Comment ose-t-il me tenir tête ? Quel châtiment exemplaire vais-je lui infliger ? Il mérite la mort ! Mais il ne me suffit pas de le tuer tout seul. Puisque Mordekhaï est juif, c’est tout son peuple, ce sont tous les Juifs que je veux faire disparaître !»

Et le méchant Haman commença à mettre au point son terrible projet :

«Tout d’abord», pensa-t-il, «fixons une date pour cette extermination. Voyons…quel serait le meilleur moment ? Aux environs de leur fête de Pessakh ? … Peut-être de Chavouot ? Ou alors de Souccot ? Ah non ! Comme les Juifs observent de nombreux commandements pendant ces périodes, leur Dieu les protège particulièrement».

Haman réfléchit, réfléchit, et finalement, décida…de tirer au sort ! Il inscrivit le nom de tous les mois sur des bouts de papier qu’il plia soigneusement et les mélangea dans une boîte. Il retira ensuite un billet, l’ouvrit et lut : «Mois d’adar», «Parfait se réjouit Haman, les Juifs ne célèbrent aucune fête pendant ce mois-ci ! Mais quel jour exactement va-t-on perpétrer le massacre ? Tirons à nouveau au sort !»

Il sortit un nouveau papier où était inscrit le nombre treize. Haman était maintenant fixé : Ce serait donc le treize du mois d’adar. Il s’empressa de se rendre chez le roi pour obtenir son autorisation.

«Majesté !» Dit-il, «Savez-vous qu’il y a un peuple très étrange éparpillé dans tout votre royaume ? Ses membres ont des coutumes particulières et ne se conduisent pas comme les autres nations. Ils n’obéissent pas aux ordres de Sa Majesté. Lorsqu’on leur demande d’effectuer des travaux pour le pays, ils disent : «C’est shabbat aujourd’hui, nous n’avons pas le droit de travailler ! Le roi n’en retire vraiment aucun profit ! Que Sa Majesté décrète leur extermination et je ferai parvenir au trésor royal la somme de dix mille écus d’argent !»

Le méchant Assuérus fut très heureux de la proposition. «Voici ma bague», dit-il à Haman en lui tendant l’anneau royal, «tu pourras l’utiliser pour cacheter de mon sceau tous les édits que tu voudras. Je te cède tous les pouvoirs sur ce peuple, fais-en ce que bon te semble ! Quant à l’argent, il est à toi, garde-le !»

Haman se mit immédiatement à l’œuvre. Il fit écrire par les scribes de la cour des missives dans toutes les langues du royaume. Au nom de Sa Majesté, on y donnait l’ordre à l’ensemble de la population de se tenir prête à piller et à tuer tous les Juifs, du plus jeune au plus vieux, y compris les femmes et les enfants, cela en un seul jour, le treize du mois d’adar !

Des messagers furent chargés de remettre au plus vite les lettres scellées dans toutes les provinces du royaume. Assuérus et Haman se mirent à boire joyeusement pour fêter leur accord, mais chez les Juifs de Suse, ce fut la consternation !

Mordekhaï apprit l’effroyable nouvelle. Il savait que c’était à cause de leurs péchés et de leur participation au festin que ce terrible décret avait été promulgué contre les Juifs.

Il déchira ses vêtements, se couvrit d’un habit de deuil et parcourut les rues de la ville en criant et en pleurant :

«Juifs, mes frères ! Un projet d’extermination totale a été décidé contre nous ! Faites Techouva, faites pénitence ! Peut-être que Dieu nous prendra en pitié, nous pardonnera et nous sauvera !»

Et l’appel de Mordekhaï fut entendu ! Dans toutes les provinces de l’empire perse, partout où l’on apprit l’affreux édit, les Juifs éclatèrent en pleurs et prirent le deuil. Ils prièrent, ils jeûnèrent, ils se repentirent de leurs fautes et supplièrent Dieu de les sauver.

Mais Esther, dans son palais, ne savait rien de tous ces événements.

Ses servantes firent brusquement irruption : «Majesté dirent-elles, «nous venons de voir près des portes du palais Mordekhaï le Juif vêtu d’un cilice, en train de pleurer et de crier !» «Que se passe-t-il ?» S’exclama la reine, très effrayée. «Ne sait-il pas qu’il est interdit d’entrer en habit de deuil dans l’enceinte du palais ? Apportez-lui immédiatement d’autres vêtements !» Mais Mordekhaï refusa de se changer. Esther, comprenant alors que c’était sérieux, envoya Hatakh, son fidèle serviteur, lui demander des explications.

Mordekhaï lui raconta en détail tout ce qui s’était passé, et lui montra même la copie du terrible décret. Il fit demander à Esther de se rendre chez le roi pour intervenir en faveur de son peuple.

La reine fit alors répondre à Mordekhaï : «Tout le monde ici sait que quiconque ose se présenter dans la salle du trône sans y avoir été invité se rend passible de mort, sauf ? Si le roi lui tend son sceptre. Or, cela fait déjà un mois que je n’ai pas été appelée !» Mordekhaï lui transmit ce message : «Chère Esther, ne crois pas que tu seras seule épargnée parmi tes frères ! Si tu préfères garder le silence, Dieu les sauvera par un autre moyen, mais toi tu seras punie. Tu ne peux pas attendre l’occasion d’être convoquée, car qui sait si, à l’approche de la date fatidique, tu seras encore reine ?»

Esther lui fit alors parvenir la réponse suivante : «Va, rassemble tous les Juifs de Suse. Qu’ils ne mangent ni ne boivent pendant trois jours. Moi, je ferai de même avec mes servantes. Ensuite, je me rendrai chez le roi malgré l’interdiction, même si je risque la mort».

Mordekhaï fit ce que lui avait ordonné Esther, et tous les Juifs – les enfants y compris – jeûnèrent sans interruption pendant trois jours d’affilée.

Le troisième jour, Esther revêtit ses habits royaux et se rendit courageusement chez Assuérus. Elle adressa à Achem une ardente prière pour qu’il lui permette de réussir dans sa dangereuse mission. Et Dieu l’exauça. Dès que le roi, assis sur son trône, la vit arriver, elle trouva grâce à ses yeux. Il lui tendit son sceptre et Esther, encouragée par ce miracle, s’approcha pour en toucher le bout ! Elle était sauvée !                                                        

 «Qu’as-tu, chère Esther ?» Lui demanda le roi. «Que veux-tu ?» Je suis prêt à t’accorder jusqu’à la moitié du royaume ! 

«Je suis venue inviter Sa Majesté, s’il lui plaît, ainsi que son ministre Haman à un banquet que je leur ai préparé», lui répondit-elle. «J’accepte avec plaisir. Gardes ! Allez prévenir Haman qu’il est invité chez la reine !» ordonna Assuérus.

Assuérus et Haman se rendirent donc chez Esther. Ils buvaient avec délectation tous les vins qu’elle leur offrait… «Chère Esther», lui demanda à nouveau le roi au milieu du banquet, «quelle est donc ta requête ? Je suis prêt à t’accorder jusqu’à la moitié du royaume !»

«Si j’ai trouvé grâce à ses yeux, que Sa Majesté revienne avec Haman à un nouveau banquet que j’offrirai demain. J’y révélerai tout !»

Haman sortit tout heureux de chez la reine. Quel honneur lui faisait-on, mais voilà qu’il vit Mordekhaï, assis aux portes du palais, qui ne se levait ni même ne bougeait à son passage ! Son cœur s’emplit d’une violente colère qu’il eut grand-peine à contenir. Il s’empressa de rentrer chez lui, réunit tous ses amis ainsi que sa femme Zérech et leur raconta avec orgueil : «Vous savez à quel point je suis riche et puissant. Après le roi, il n’y a pas plus important que moi dans tout le royaume ! La preuve en est que la reine n’a convié que moi au banquet qu’elle donne pour le souverain. Elle m’a même invité avec lui une deuxième fois, pour demain. Mais tout cela ne compte en rien pour moi, car dès que je vois Mordekhaï, ce Juif, qui ose me narguer, cela me rend fou de rage !»

Zérech et tous ses amis lui proposèrent alors :

«Tu n’as qu’à monter une potence haute de cinquante coudées et demain matin, avant d’aller au banquet, demande au roi que l’on y pende Mordekhaï. Tu pourras alors te rendre chez la reine le cœur tranquille».

Le conseil plut beaucoup à Haman et il se mit aussitôt à l’œuvre. Toute la nuit, il travailla à construire dans sa cour une immense potence ! Quand il eut fini, il se dit :

«Ah ! Je m’imagine déjà Mordekhaï pendu là-haut, balancé à tous les vents ! Mais je suis curieux de savoir ce que fait ce Juif en ce moment».

De ce pas, il alla chercher Mordekhaï. Et où le trouva-t-il ? Au Bet Hamidrach, bien sûr, dans la maison d’étude où il enseignait la Torah. Il était assis par terre, en tenue de deuil, entouré de tous les petits-enfants. Ils jeûnaient depuis bientôt trois jours. Tous pleuraient et priaient…

Ce spectacle mit Haman au comble de la fureur. «Je vais faire tuer tous ces enfants en premier !» Se dit- il. Il ordonna de les enchaîner et disposa des hommes pour les garder.

Les enfants se mirent à sangloter de plus belle, et implorèrent Dieu de tout leur cœur.

Achem entendit les cris de ces petits qui n’avaient ni mangé ni bu pendant trois jours et, par leur mérite, II pardonna aux enfants d’Israël. II eut pitié en voyant le repentir de Son peuple et, dans le ciel, le terrible décret fut aboli…                                                        

Cette nuit, le sommeil du roi fut troublé… Dieu ne voulait pas laisser de repos à Assuérus. Celui-ci s’était éveillé et ne parvenait pas à se rendormir. II était intrigué par le suspens dans lequel Esther l’avait laissé. Il se tournait et se retournait de tous les côtés. Mais en vain. «Apportez-moi le Livre des Mémoires !» Ordonna-t-il à ses serviteurs. Les gardes (qui étaient des fils d’Haman) obéirent. Ils ouvrirent le gros livre et tombèrent juste sur le passage où il était relaté que Mordekhaï avait sauvé la vie au roi. Ils s’empressèrent de le refermer pour l’ouvrir à une autre page. Mais cette fois également, ils tombèrent sur ce récit ! Ils essayèrent une troisième fois, mais là encore, c’était toujours la même page !

Assuérus commença à s’impatienter : «Que se passe-t-il ? Lisez donc !» Cria-t-il.

Les gardes furent obligés de lire : «Mordekhaï le Juif a sauvé la vie au roi…» «C’est vrai, je m’en souviens. Au fait, quelle récompense a-t-il reçu pour cela ?» questionna le souverain. «Euh… il n’a encore rien reçu…» avouèrent les serviteurs.

À ce moment précis, on entendit des pas dans la cour. C’était Haman, qui ne tenait plus en place et qui voulait, dès la première heure, demander au roi l’autorisation de pendre Mordekhaï. «Qui donc se promène ici à une heure pareille ?» demanda Assuérus, intrigué. «C’est Haman !» Lui répondit-on.

«Qu’on l’introduise !» Ordonna-t-il.

Haman entra, tout heureux. Il n’espérait pas si bon accueil ! «Cher Haman !» S’exclama Assuérus, «tu tombes bien ! J’avais justement besoin d’un conseil. Que faire, à ton avis, à un homme que le roi veut honorer ? De quelle manière peut-on le récompenser ?»

Haman pensa dans son cœur : «Qui donc, à part moi, le roi chercherait-il à honorer ? Evidemment, il ne peut s’agir que de moi-même !» «Je crois», proposa l’orgueilleux Haman, toujours avide de gloire, «que le meilleur moyen de récompenser un tel homme serait de lui rendre pour un jour tous les honneurs dignes d’un roi. Qu’on le pare d’un costume et de la couronne de Sa Majesté. Que l’un des hauts gradés de la Cour, après l’avoir ainsi préparé, lui fasse monter le cheval royal, et le conduise à travers la ville en criant : «Ainsi fait-on à un homme que le roi désire honorer !»

«Très bien, c’est une excellente idée !» Acquiesça Assuérus. «Je vais d’ailleurs te charger de préparer toi-même toute cette parade. Dépêche-toi donc d’aller chercher le costume et le cheval comme tu l’as dit, et habille ainsi Mordekhaï le Juif, qui est assis aux portes du palais !»

«Qu… quoi !!! Qui donc ?» S’écria Haman, frappé de stupeur !

«Oui, oui ! Mordekhaï le Juif !» Confirma le roi. «Et veille bien à ne rien oublier de tout ce que tu as proposé !»

Quelle catastrophe, quelle honte pour Haman ! Il fut obligé d’aller trouver Mordekhaï, couvert de ses habits de deuil. Il dut le laver, le coiffer et le vêtir du costume royal. Il l’installa sur le cheval d’Assuérus et le guida dans les rues de Suse en criant :

Mordekhaï, le Tsadik, chevauchant royalement et acclamé par la foule, ne fut aucunement touché par l’orgueil. Il ne cessait de remercier Dieu pour ce miracle. Quelle joie ce fut pour les Juifs de Suse de voir leur Rav honoré ainsi comme un roi !

Le méchant Haman avait une fille tout aussi mauvaise que lui. Lorsqu’elle vit le cortège par la fenêtre, de loin, elle s’imagina bien sûr que l’homme assis sur le cheval était son père et que celui qui tenait les rênes ne pouvait être que Mordekhaï.

Que fit-elle ? Elle versa sur le guide un seau rempli d’eau sale. Plouf ! Surpris par cette douche humiliante, Haman leva la tête. Lorsque la fille vit qu’il s’agissait de son père, elle fut terrifiée. Au comble du désespoir, elle se jeta par la fenêtre et se tua !

Après avoir ainsi parcouru toutes les rues de la capitale, Mordekhaï retourna à son jeûne et à ses prières. Quant à Haman, il revint à la maison, fatigué, sale, mouillé accablé par son malheur. Comme il racontait sa mésaventure à ses proches et à sa femme, ceux-ci dirent : «Si ce Mordekhaï devant lequel tu as commencé à perdre ton prestige fait partie du peuple juif, sache que tu ne pourras plus le vaincre. Tu seras totalement battu par lui !» Ils étaient encore en train de parler que déjà des gardes firent irruption et emmenèrent Haman au banquet d’Esther sans même lui laisser le temps de se laver et de se changer !

Le roi et Haman étaient donc attablés avec la reine… «Chère Esther», demanda cette fois encore Assuérus, «quelle est donc ta requête ? Je suis prêt à t’accorder jusqu’à la moitié du royaume !»

«Si j’ai trouvé grâce aux yeux de Sa Majesté», répondit Esther, «et si Sa Majesté veut bien accéder à ma prière, c’est ma vie que je demande, c’est le salut de mon peuple ! Car nous avons été vendus, moi et mon peuple, pour être tués et massacrés ! Si nous avions été vendus comme esclaves, je me serais tue, car le roi en aurait tiré profit». «Qui est-il et où est-il, celui qui projette de faire une chose pareille ?» S’écria le roi, en colère.

«C’est lui, ce méchant ennemi, c’est Haman !» Dit Esther en le montrant du doigt. Haman fut abasourdi ! Quant à Assuérus, très irrité, il se leva et quitta la salle du banquet pour prendre l’air dans le jardin.

Haman, affolé par l’accusation de la reine, se jeta à genoux devant elle et implora sa pitié. Mais le roi, qui revenait, s’emplit de fureur quand il vit son ministre tombé ainsi aux pieds du lit de la reine. «Quoi !» S’écria Assuérus, «tu oses même t’attaquer à ma femme dans ma propre maison !»

À cet instant, un garde du nom de Harbona (c’était en réalité le prophète Elie) ! Entra et dit : «Je suis venu informer Votre Majesté qu’il y a dans la cour d’Haman une potence haute de cinquante coudées. Il avait l’intention d’y pendre Mordekhaï qui a sauvé la vie au roi». «Eh bien, qu’on l’y pende lui-même !» Ordonna Assuérus. Ainsi, on pendit Haman sur la potence qu’il avait préparée pour Mordekhaï, et la colère du roi se calma.

Le même jour, Assuérus transmit les pouvoirs d’Haman à Esther. Celle-ci fit venir Mordekhaï, car elle avait maintenant révélé au roi qui il était pour elle. Le souverain donna son anneau à Mordekhaï, et la reine le nomma à la place d’Haman.       

Mais sur les Juifs planait encore la menace du terrible décret. Esther se rendit une nouvelle fois chez le roi et tomba à ses pieds. En pleurant, elle le supplia d’annuler cet édit. Assuérus lui tendit son sceptre, la fit relever et lui dit : «Il est impossible d’annuler un décret qui a été scellé de l’anneau royal. Toutefois, j’ai donné ma bague avec mon cachet à Mordekhaï. Il peut donc écrire de nouveaux édits comme bon lui semble et les sceller en mon nom». Mordekhaï rédigea alors de nouvelles missives et les cacheta au nom du roi. Il y était dit que les Juifs étaient autorisés à se rassembler et à se défendre contre ceux qui voulaient les massacrer, le treize du mois d’adar. Des coursiers s’empressèrent de remettre ces lettres dans toutes les provinces de la Perse.

Mordekhaï sortit de chez Assuérus, vêtu d’habits royaux, d’azur et de pourpre et ceint d’une couronne d’or ! La ville de Suse était en fête ! Quelle joie pour les enfants d’Israël ! Par quel miracle extraordinaire Dieu les avait sauvés !

Ainsi, à cette date qui aurait pu leur être fatale, les Juifs parvinrent à se venger de ceux qui les haïssaient. Contrairement à ce qui aurait dû se passer – venahafokh hou. Ce sont eux qui tuèrent un très grand nombre de leurs ennemis. Personne ne leur résista. Ils pendirent aussi les dix fils d’Haman !

Le quatorze adar, quand les combats cessèrent, les Juifs célébrèrent leur délivrance dans la joie.

Esther et Mordekhaï rapportèrent tous ces événements dans une Méguila. Ils instituèrent à la date du quatorze adar la fête de Pourim, en souvenir du pour - du sort – avec lequel Haman avait fixé son projet. En ce jour, les Juifs de toutes les générations doivent se réjouir, lire la Méguila, s’envoyer des cadeaux comestibles, donner de l’argent aux pauvres et remercier Dieu qui, dans Sa grande miséricorde, les a sauvés si miraculeusement.

    Fin

Ce compte est tiré du livre «La ronde de l’année» paru aux Editions L’Arche du livre. Disponible dans les librairies juives.

16 mars, 2009

LA SOIREE DE CLOTURE OU MIMOUNA

Classé dans : Mimouna — fanfan18unblogfr @ 9:53

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La plupart des Séfarades terminent solennellement les huit jours de Pessah. Pessah étant la fête du renouveau, à la fin de Pessah, on inaugure un temps nouveau en associant la nature à la joie de l’entrée dans cette nouvelle période. C’est pourquoi l’ensemble des communautés décoreront les maisons de fleurs et de végétaux. Le problème va donc être de savoir comment se procurer ce hamets alors qu’il est autour de 22 h et que généralement les magasins sont fermés. 

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Chez mes parents, à la fin du 8ème jours de Pessah, à la sortie de la fête, on attendait avec impatience un laps de temps pour pouvoir tirer la vaisselle de tous les jours et le hamets, pour préparer la TAMINA avec de la semoule que l’on faisait griller à la poêle et on mettait du sucre et du beurre dans la semoule chaude. C’est un délice. On faisait également un sirop de sucre et avec cette même semoule on faisait des « boules aux sirop ». Une autre coutume chez mes parents c’était le fameux couscous au beurre avec les raisins secs, le petit lait. Pendant que mon père allait acheter chez l’épicier du coin, le beurre, le lait et la semoule etc…. qui restait ouvert tard pour les juifs de ma communauté (des années plus tard avant la dernière fête de Pessah on achetait le lait, le beurre, le petit lait et toutes sortes de fromage cacher le Pessah que l’on ne consommait pas pour Pessah pour éviter de commettre d’erreur, en principe le reste ce trouvait dans le hamets que l’on récupérait une heure après la fête). Avec ma mère on sortait la vaisselle du hamets, et l’on commençait, la tamina et le couscous au beurre, et à préparer une table de fête. Mon père revenait également avec de l’herbe avec de très longue tige, que l’on mettait sur tous les lustres de la maison (jusqu’à la fête de chavouot) et sur notre tête il frappait 3 fois et disait rochana aba. On préparait également une assiette avec un peu de farine et du vin pour faire comme un levain on mettait 5 fèves fraîches avec leur peau, autour de l’assiette, avec des brins d’herbe aussi. On préparait une veilleuse avec du lait, de l’huile et ma mère zl’ mettait son alliance à l’intérieure. Il y a plusieurs coutumes, certaine personne, achète du pain, certaine ne font rentrer le pain que le lendemain. Une de mes tante faisait, les beghrir et les tridas (plier en quatre), avec du petit lait. Les juifs marocains font des tas de gâteaux à base d’amandes qu’ils font le dernier jour de pessah et surtout la fameuse moufleta, chaque année je vais moi même chez des amies marocaines manger la moufletas ou mofletas, et ainsi on tourne de maison en maison.

Coutumes de plusieurs pays et régions :

En Afrique du Nord et en Egypte, on met de la verdure sur les lustres. En Syrie, la dernière nuit de Pessah, le chef de famille rapporte des épis de céréales, et symboliquement, bat chacun avec ces épis en le saluant : cette cérémonie s’appelle leil hamets (de l’hébreu laila hamets, la nuit du hamets).

Au Maroc, ce sont les enfants qui flagellent gentiment leur père avec les rameaux de verdure cueillis.

Chez les Judéo-Espagnols, la dernière nuit de Pessah, le père ou le grand-père cueillent des brins d’herbes et les apportent à la maison, puis, en arrivant, jettent avec l’herbe de l’argent et des bonbons sur le sol pour les enfants qui doivent les ramasser. Cette cérémonie est appelée « prass in agua levadura » et il y a une chanson spéciale qui est alors chantée par toute la famille. Cette cérémonie symbolise le fait que l’on peut désormais manger du hamets et exprime l’espoir d’un bon été et d’une année verte.

Les jeunes gens,se rendaient le soir auprès d’oliviers, en cueillaient quelques branches et se frappaient les uns les autres en se souhaitant de rester en vie et de vivre en paix.

A Salonique, les enfants cueillaient des fleurs qu’ils offraient à leur mère qui en décorait la maison en les couvrant de sucre et en récitant « ana verde que no se seca » que l’année soit verte et ne se dessèche pas.

Dans certaines communautés, le grand-père tient les herbes au dessus de la tête des enfants et de sa femme, avant de les bénir.

Ailleurs, les enfants caressent doucement leur père avec des rameaux de verdure. Les herbes fraîches souvent des épis de blé mur glanées sont éparpillées, parsemées à l’entrée de la maison, sur le seuil des chambres, sur les meubles.

Selon les communautés, elles pourront être, de plus, arrosées de quelques gouttes de lait par la maîtresse de maison. Les herbes cueillies décorent également les sources de lumière, les portes, ou jonchent le sol en signe bénéfique.

A Tlemcen (Algérie), on versait du lait dans une soucoupe qu’on plaçait dans chaque coin de la maison et les herbes disposées de ci de là dans chaque pièce restaient ainsi jusqu’à Chavouot.

En Tunisie, après la havdala de la sortie de Pessah, le père prenait une feuille de laitue, la trempait dans le vin qu’il venait de bénir et la partageait entre les membres de la famille. On décorait la maison de verdure ne récitant en arabe « nous avons posé le vert et l’année sera verte » ou « rhdrna oulham rhdar ».

Ailleurs, en Tunisie, on place des feuilles d’une salade verte sur les lustres au cri de « khadarna el am okhder », le coeur de la salade est ensuite consommé avec du sucre, (la laitue symbolisant le printemps). Dès le coucher du soleil, on garnit une belle table de pâtisseries et de fruits et c’est l’occasion de sortir les plus beaux ustensiles possédés, ustensiles d’or ou d’argent. On dépose sur la table dressée un poisson cru habillé de feuillages, et au centre de la table, un plat rond rempli de farine dans laquelle sont plantées des branches de fèves fraîches entourées d’épis d’orge et de blé. Sont également disposés sur la table, fruits et gâteaux, lait et laitage, beurre frais, le miel et confiture.

Cette combinaisond’aliments symboliques qu’on retrouve dans plusieurs ville d’Afrique du Nord, a pour but d’appeller une année d’abondance et de bonheur, les herbes et le lait devant attirer santé et prospérité. Le repas de clôture se déroule fort tard car on ne commence à cuisiner le hamets qu’à la tombée de la nuit.

En Algérie, on compose une tablée de douceurs : crêpes (beghrir) au miel, couscous au beurre avec des raisins secs et des fèves, du petit lait et la mouna.

On trouve aussi en Algérie, notamment à Constantine, l’habitude de préparer deux tables : l’une encore de Pessah portant essentiellement des fruits secs, l’autre avec du hamets. On fabriquait également avec de la farine et du vin du levain qu’on déposait sur la table de la fête, ce levain qu’on s’était interdit durant huit jours trône désormais au centre de la table pour proclamer la fin de Pessah. Dans le plat où est déposé le levain, on met une bague ou un louis d’or pour espérer la prospérité. 

Ailleurs au Maroc, dans un grand plat en terre ou en cuivre, on mélangeait farine et eau, chacun à son tour, mettant la main « à la pâte » et y jetant un bijou ou une pièce d’or, pendant que les femmes chantaient des cantiques. On recouvrait ensuite le tout de laine et de foulards en soie. Plus tard dans la soirée, seront fabriquées, à base de cette pâte, une sorte de crêpe au beurre et au miel : la moufleta.

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Sur la nappe, dans certaines villes du Maroc, on disposait outre les épis de blés et d’orge, des bouquets de camomille sauvage et des pains à l’anis. Certaines femmes diluent le levain de la Mimouna avec l’eau de pluie qu’elles auront pris soin de recueillir depuis le premier Nissan. Les femmes pour l’occasion se parent de tous (ou presque) leurs bijoux. « Les yeux mangent avant le ventre », dit un proverbe judéo-marocain, tant il est vrai que la table de la Mimouna était magnifiquement dressée avec toutes sortes de pâtisseries et de confitures avec si possible la confiture de pétales de fleur d’oranger, de zaban (nougat blanc), la mrozya (confiture de raisins secs) et de mofleta. Au centre de la table trôner la khmera, c’est-à-dire du levain, dans un plat saupoudré de farine piquée de cinq fèves vertes, de cinq épis de blé vert et de cinq  pièces d’argent ou d’or. Faire tremper la main droite par chaque convive dans cette farine, lui faire faire un voeu. La légende dit qu’avant la prochaine Mimouna le souhait sera exaucé. A côté sont posés un bol de miel, des pommes pelées, de la laitue, du lait, du petit lait et du beurre. Dans certaines familles, un grand poisson symbolise chance et protection. Avant de consommer pâtisseries ou mofleta, tremper les cinq doigts de la main droite dans le levain, lécher le cinquième doigt, tremper un morceau de pomme dans le miel, une feuille de laitue dans le beurre et le miel, boire du lait ou du petit lait, faire un voeu et goutter enfin à la mofleta et aux pâtisseries en criant terbhou ! c’est-à-dire gagner, réussir. Terbhou sera le leitmotiv de toute la soirée de lailla Mimouna.  

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Vraiment quelle belle fête la MIMOUNA et surtout toutes ces coutumes différentes de pays et de région, c’est tellement magnifique, évidemment toutes veulent dire la même chose. N’hésitez pas à me raconter vos coutumes sur « commentaire » car j’ai du surement oublier des pays et des régions.

BONNE FETE DE LA MIMOUNA…………………..

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